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Bloc Note

Action économique : la génération Y

Posté le | Par Gilles UNTEREINER

Récemment à l’occasion d’une conversation, on m’interrogea sur les effets de la génération Y sur l’économie allemande. Normalement relativement prolixe dès qu’on me parle de l’Allemagne, je me trouvais à cours de réponse, ce qui me conduisit à m’interroger.

La génération Y ne résulte-t-elle pas largement du dogme des soixante-huitards développés par des baby-boomers qui, 30 glorieuses et parapluie nucléaire obligent, semblaient considérer que l’avenir était tout tracé et forcément radieux.

Ce faisant, ne se sont-ils pas engagés dans la dolence, voire même dans une forme de revendication irénique à l’égard de la vie, dans le contexte de laquelle la seule manifestation d’énergie demeurait la revendication des droits. De leurs biens évidemment, charité bien ordonnée commence par soi-même,  aussi des droits en général au motif que… c’est pas normal, … que la vie ne soit pas que félicité.

Ainsi les gesticulations de 1968 ne sont-elles pas que l’expression de la volonté d’entrer dans le monde post-matérialiste et de s’épargner les contraintes. Il est interdit d’interdire ont-ils décrété. Ils ont tellement répété le slogan qu’ils s’en sont auto-persuadés et ont effectivement appliqué le principe à l’éducation de leurs enfants ; pas de pression, pas de contraintes liberticides, … Il en est résulté la génération Y.

Les parents désespérés du produit de leur incurie veulent mettre ça sur le dos de l’école, et ne pensent pas à incriminer le laxisme de leur mode d’éducation portant sur le culte de l’enfant roi et des valeurs de facilité qu’ils ont eux-mêmes véhiculées.

Dans cette ambiance post matérialiste on récuse le malheur qu’est le travail, le tripalium.

Certains politiques ont même voulu éradiquer le travail manuel et les cols bleus, expression même du travail et de l’exploitation, pour prôner la formation de 80% de bacheliers, afin de ne plus produire que des cols blancs auxquels sera épargnée la disgrâce du contact avec la vile matière.

Même des dirigeants d’entreprise osait parler d’entreprises « fab-less ».

L’Allemagne : le pays est encore engagé dans le combat économique.

L’entreprise veut devenir «Weltmarktführer », veut augmenter en permanence la distance par rapport à la concurrence jusqu’à devenir monopolistique.

Le politique suit, car l’économie a permis à la Nation de recouvrer son identité à la fin de la guerre. L’économie prime et le social doit s’y adapter. L’entreprise est un refuge procurant du sens par l’action collective et de la sécurité matérielle.

Le citoyen lui-même se veut homo économicus pour pouvoir s’offrir les symboles de la réussite économique et sociale à savoir des actifs matériels de standing.

Le travail reste une vraie valeur.

La génération Y n’y a pas été encouragée.



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